La rééducation du genou ligamentaire

Page mise à jour le 24 / 11 / 2014.

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Pour faire simple, les ligaments servent à stabiliser une articulation. En cas d'entorse le ligament est étiré voire rompu.

Pour le genou il y a 4 ligaments essentiels :

  • Les 2 ligaments latéraux
      • LLI = Ligament Latéral Interne ou collatéral tibial (voir bas de la page)
      • LLE = Ligament Latéral Externe ou collatéral fibulaire (rarement lésé)
      • ils sont directement sous la peau et sont donc palpables
      • la lésion des ligaments latéraux est souvent bénigne et de bon pronostic à long terme  et leur cicatrisation est possible (de 3 semaines à 4 mois)
      • La rupture complète est cependant traitée chirurgicalement
      • les lésions des ligaments latéraux donnent cliniquement des baillements de l'articulation
  • Les 2 ligaments croisés
      • le Ligament Croisé Antérieur = LCA (constitué de 2 faisceaux AM antéro médial et PL postéro latéral)
      • le Ligament Croisé Postérieur = LCP (cliquez pour voir cette page) qui est parfois aussi décrit avec 2 faisceaux
      • ils sont profonds dans l'articulation du genou et non palpables mais on peut les tester lors de l'examen clinique
      • la lésion des croisés est dite grave s'il y a rupture complète d'un ligament ou bicroisée s'il y a les deux croisés (LCA et LCP)
      • L'élongation d'un ligament croisé peut sembler moins grave qu'une rupture nette mais la stabilité du genou est aussi perturbée
      • la rupture complète ne cicatrise pas, 10% des LCA rompus se couchent sur le LCP "en nourrice" redonnant une (in)stabilité relative utilisable pour le patient rééduqué mais tout le monde se doute bien qu'un ligament attaché "mollement" à un autre ligament (ici le LCP) ne donne pas grand chose de stable à long terme). une rupture partielle donne son résultat définitif à 2 ans et souvent cette rupture partielle évolue vers une totale mais...il faut garder le moral quand même!
      • les ruptures partielles du LCA sont plus fréquentes qu'on ne le croit et les chirurgiens habiles peuvent alors faire des ligamentoplasties mono-faisceau. Et c'est souvent le faisceau antéro médial (AM) car très isométrique et tendu tout le temps proche de l'extension qui est lésé dans le LCA (la rupture d'un faisceau donne d'ailleurs un tiroir modéré avec un arrêt mou alors que la rupture complète du LCA n'a pas d'arrêt)
      • les lésions des ligaments croisés donnent cliniquement des tiroirs lors du test de Lachman
        • le LCA rompu donne un tiroir antérieur du tibia (test de Lachman)
        • inversement le LCP rompu donne un tiroir postérieur du tibia (voire un faux tiroir antérieur, et donc un faux Lachman de retour de tiroir postérieur)
        • les ruptures du LCP sont souvent peu détectées fonctionnellement par le patient ; ce sont des douleurs de la rotule qui plusieurs années après et avec un IRM vont faire le diagnostique. Tout ça pour dire qu'un LCP rompu est beaucoup moins gênant qu'un LCA. Voir la page du LCP et sa rééducation.

Les entorses sont une déformation traumatique du ligament qui va de l'élongation jusqu'à la rupture partielle ou complète. Ces entorses intéressent tous les ligaments du genou et selon le mouvement et l'énergie qui font la lésion les conséquences sont différentes.

Dans tous les cas il y a une instabilité du genou temporaire car compensée par les muscles ou une instabilité complète ressentie et invalidante même après la rééducation dite pré-opératoire.

1 )  Rééducation d'une rupture du LCA (pré-opératoire)

a) Discussion et généralités, vérités, banalités, etc...

Il s'agit d'une rééducation pré-opératoire comme si vous alliez vous faire opérer mais si tout va bien...on n'opère pas! Les bienfaits et avantages de cette rééducation pré-op peuvent durer 1 mois comme 20 ans. Un genou dont le LCA est rompu peut avoir des accidents d'instabilité il faudra alors consulter un chirurgien orthopédiste. Le risque de ces accidents d'instabilité qui sont un lâcher de genou ou un ressaut parfois audible est de fissurer le ménisque interne avec la conséquence d'une anse de seau du ménisque (avec blocage mécanique du genou) et donc une possibilité de chirurgie.

Ce qui va motiver une chirurgie doit obligatoirement valider les options suivantes :

  • sportif qui désire reprendre un sport pivot + ou - contact de type foot basket handball rugby hockey...
  • patient avec des épisodes d'instabilité et lâchers de genou et un manque de confiance dans les descentes d'escaliers par exemple
  • le critère d'age n'est plus si important : on peut être opéré d'une ligamentoplastie à 60 ans et avoir d'excellents résultats en rééducation mais il faut mériter cette chirurgie en étant sportif régulier ou très diminué par l'instabilité du genou
  • toutefois une rupture du LCA chez le jeune (moins de 20 ans) devra être réparée absolument car les lésions chez les jeunes supposés faire plein de sport sont plus instables et récidivent beaucoup plus souvent avec des lésions qui s'aggravent et s'étendent à la périphérie (lésion postéro latérales avec ou sans  ménisque interne associé)
  • les lésions du LCA pour les enfants (9 à 16 ans) sont gravissimes avec des ménisques qui ne supportent pas du tout l'instabilité et le tiroir antérieur. les lésions méniscales chez l'enfant sont d'ailleurs spécifiques comme des laminations... la chirurgie est alors obligatoire MAIS ATTENTION seuls les chirurgiens spécialisés de cette chirurgie de l'adulte par des techniques spécifiques pour les enfants doivent être consultés. le risque pour la croissance osseuse en est la cause.

b) examen par le GNRB (société genouRob)

  • laxité évaluée comparativement par un TELOS radiologique ou par le KT1000 manuel voire par le GNRB (40 machines en France en juillet 2012...cette machine est cependant l'avenir pour tester et différencier les ruptures partielles ou totales du LCA)

matériel GENOUROB


 

la preuve par les courbes : à poussée égale (134N) le coté lésé (rouge)

présente un décalage par rapport au coté sain (vert)

autre exemple de différence de rigidité des 2 LCA

Pour les instabilités...

La chirurgie a inventé la ligamentoplastie du ligament croisé antérieur (et postérieur : voir la page dédiée au LCP CLIQUEZ ICI ). Il s'agit d'une reconstruction en lieu et place du ligament croisé rompu avec les même caractéristiques anatomiques et mécaniques que l'ancien. La qualité de la reconstruction et le placement exact du néoligament déterminent la mobilité de l'articulation et surtout la stabilité du genou. D'où l'intérêt de trouver un chirurgien expérimenté qui fait "beaucoup" de genoux (voir les classements des revues le figaro ou le point)

La bonne conduite de la rééducation et surtout la motivation du patient de revoir la tête de son kiné pendant plusieurs mois est déterminante. C'est une rééducation assez longue qui peut se moduler selon la pratique sportive ou le quotidien du patient par exemple :

  • assis derrière un bureau et peu voire pas de pratique sportive = arrêt de travail standard de 2 mois et rééducation musculaire et proprioceptive autour de 2 mois aussi.
  • sportif occasionnel, du week end ou instabilité importanterééducation 3 à 4 mois en cabinet de ville en insistant sur la reprise musculaire et quelques qualités sportive permettant une reprise à moyen terme
  • reprise sportive niveau régional en plus de son activité professionnelle = 6 mois de kinésithérapie avec 4 séances par semaine puis 3 puis 2 jusqu'au bout des 5 à 6 mois avec accompagnement par le kinésithérapeute à la limite du terrain de sport !
  • sportif professionnel genre zimzimdane' = 4 mois intensifs car opéré le lendemain de l'accident puis 6 heures d'électrostimulation en dehors des séances de rééducation et de balnéothérapie par jour... enfin ce n'est pas nous donc je ne détaille pas !
  • ATTENTION cependant : la sécurité sociale désormais ne tolère que 40 séances de rééducation après l'opération, il faut ensuite que votre kiné "argumente" pour avoir l'accord de la prescription suivante. Ce controle de la sécu ne va pas dans l'intéret du patient qui, à seulement 30 séances, n'est pas en mesure de reprendre son activité sportive, ce pour quoi il a été opéré. En comptant 3 séances par semaine cela fait 10 semaines soit moins de 3 mois après l'opération...Vous pourrez lire ci dessous qu'à 3 mois post opératoire ce n'est pas encore la fête pour les genoux opérés d'un LCA.

c) Objectifs de cette rééducation pré-opératoire

  • récupération d'une bonne qualité de contraction = verrouillage du quadriceps

    • écrase-coussin pour récupérer la qualité de contraction et la "rotule qui monte" ; c'est un exercice de réveil musculaire surveillé par le kinésithérapeute. Quelques contractions permettent de voir si le recrutement de la contraction est bon ou si le quadriceps est inhibé du fait du gonflement. Le vaste interne est très inhibé par le gonflement intra articulaire.  En faire toute la journée n'a pas d'intéret il faut voir avec son kiné...pour le réveil musculaire et le drainage si le genou est gonflé.

 

    • puis travail debout en charge puis sur presse ou identique type poussée de swiss ball ou debout position demi squat pour le renforcement du quadriceps
  • renforcement des ischios jambiers qui guident le genou dès qu'il est en flexion
  • travail de la marche équilibrée, sans boiterie ni attelle ni béquille
  • arrêt de l'attelle "qui fait boiter" et des béquilles (décision kiné/chirurgien)
  • récupération des amplitudes : extension PUIS flexion complète en douceur
  • attention avoir l'extension entre les séances est primordial : le FLEXUM est interdit et source de douleurs rotuliennes
  • reprise de confiance dans le genou flou
    • gestes fonctionnels comme la marche sans boîter
    • observation du geste lésionnel à ne pas reproduire (flexion rotation par exemple)
    • montée-descente d'escaliers et cas concrets
    • et même footing après une bonne série de séances, tout dépend du patient
    • reprise du sport "en ligne" si le genou va très bien ou rupture partielle et bonne musculature
    • attention les changements de direction brusques peuvent donner des surprises et instabilités...
  • proprioception comme le trampoline et les différents pas : pas chassés, petite foulée, sauts à 2 pieds ou sur 1 pied
  • on voit si le genou "tient" ou pas... et si ça ne tient pas on se dirige vers le chirurgien qui lui encore une fois laissera une chance à un traitement non chirugical ou donnera une date d'opération...

d) Séance type à la phase attelle et genou gonflé, non opéré

  • vérification de la qualité de la marche selon la progression suivante et au cours des séances:

    • marche avec attelle et les 2 béquilles
    • attelle puis sans attelle et 1 béquille du coté opposé au genou blessé (seul le Dr HOUSE a le droit de porter la béquille du même coté que la jambe blessée)
    • pas d'attelle et 1 béquille
    • certains patients n'ont pas "peur" que leur genou lâche et n'ont pas le quadriceps "qui lâche". La marche se fait assez normalement sans attelle ni béquille. Prudence quand même surtout lors des changements de direction et pour les chaussures à talon de madame...
  • récupération douce mais obligatoire de l'extension
    • étirement conventionnel, le patient pousse la table, les 2 talons au sol.
    • étirement doux du mollet, patient allongé sur la table : le kiné repoussant le pied dans le sens de l'étirement genou tendu. on peut rajouter quelques poussées du pied et des orteils contre le kiné pour que les relâchements facilitent l'étirement (technique du contracté-relaché)
    • libération de la contrature de défense des ischios-jambiers du fait de la marche avec l'attelle en léger flexum. il s'agit, toujours le patient assis sur la table les genoux tendus de demander d'écraser le talon DANS la table comme lors d'une flexion du genou...le relâchement se fait alors et libère cette contracture. Pour faire localiser la contracture je prends le gros orteil et je soulève comme ça le pied d'un ou deux centimètres en demandant d'écraser le talon sur la table. Le relâchement de cet écrasement par la contraction douce des ischios jambiers libère la contracture. Cela me permet aussi de comparer l'hyperextension quand elle est là.
    • massage manuel du cul de sac au dessus de la rotule qui est en général gonflé. le patient doit savoir que le gonflement inhibe la contraction et donc la sécurité de la marche. Je dis souvent à mes patients qu'il ne faut pas piétiner sinon ça gonfle donc ça inhibe et donc ça boite... c'est sans fin!
  • mobilisations et recentrage manuel de la rotule, la pression des bords de la rotule permet déjà d'apprécier le début d'un syndrome rotulien (voir la page ROTULE pour le traitement)
  • récupération de la qualité de contraction du quadriceps (qui participe au drainage du genou) et là tous les moyens sont possibles : écrase coussin, presse, squat, électrostimulation et techniques de réveil musculaire par ruse.
  • contraction volontaire du quadriceps si celui ci n'est pas inhibé: "écrasez ma main et je veux voir la rotule qui remonte" en général ça marche. sinon les techniques de désidération marchent pas mal.

VIDEO DE L'EXERCICE ECRASE COUSSIN (3.84Mo)

  • ATTENTION l'exercice "lever la jambe tendue" est un TEST médical et ABSOLUMENT PAS un exercice de rééducation car il est prouvé que cela génère très rapidement des douleurs de la rotule qui seront très longues à faire disparaitre !
    • co-contractions par la technique de l'écrase coussin bien connu : 3 minutes et pas toute la journée
    • électrostimulation SI BESOIN et pas toute la séance (j'ai les noms de ceux qui le font!!!)
      • programme CONTRACTURE qui fait une contraction par seconde et qui réveille pas mal le muscle. l'intensité suffisante fait bouger le quadriceps et tire un peu sur la rotule ce qui participe au drainage.
      • Puis après quelques séances et pas à chaque séance je passe en électrostimulation programme ENDURANCE où les contractions de travail sont espacées de contractions de type contracture. même intensité avec le muscle qui bouge et la rotule qui monte.
      • programme AMYOTROPHIE pour la suite car type de courant le plus adapté
      • on peut faire contracter volontairement le patient sur le temps de travail de l'appareil

électrostimulation de réveil musculaire ici en position assise

LE TOP DE LA STIMULATION SE FAIT DEBOUT!!!

KJ genou Gauche en haut, DiDt genou droit avec son short rouge

  • travail des ischios jambiers qu'il ne faut pas oublier : ballon à écraser, même s'ils sont contracturés par la boiterie il faut les travailler car les contractions douces développées sont "normales" et le corps  reconnait ces bonnes sensations... la progression se fait avec les charges scratchées à la cheville

isométrique position assise

idem en dynamique debout

  • récupération douce de la flexion
    • le patient travail tout seul et attrape son genou et fait une belle flexion en laissant le talon glisser sur la table, le retour vers l'extension se fait avec une belle contraction du quadriceps+fessiers (on facilite avec un papier sous le talon pour que ça glisse et le kiné augmente la dificulté en freinant le talon qui glisse...logique non?)
    • autour de 60 à 80° on peut travailler assis les jambes pendantes en bord de table. Le genou coté blessé a le talon posé sur la cuisse du kiné. le kiné a juste à bouger la cuisse pour faire varier la flexion du patient...sans les mains!!! et donc le kiné peut en même temps masser le cul de sac et mobiliser la rotule comme le tendon rotulien. habile non?

l'auteur en plein décordage du tendon rotulien (KJ)

position de travail en bout de table genou fléchi

tout est possible : massage, flexion-extension travail des rotations

  • glaçage en fin de séance ou lors de l'électrostimulation
  • étirement du mollet debout car le patient doit toujours repartir avec l'extension complète
  • étirement de l'autre mollet aussi car il "fait tout le boulot lors de la marche"
  • retour à la maison avec les conseils habituels : ne pas boiter, ne pas piétiner, glacer régulièrement

e) Séance type à la phase genou "sec" et renforcement global

  • la qualité de contraction du quadriceps est bonne et permet la marche même rapide sans attelle ni béquille

    • renforcement du quadriceps contre un gros ballon,sur la presse et pourquoi pas encore un peu d'électrostimulation si la fonte est importante (si attelle portée longtemps)
    • travail des ischios jambiers avec le ballon ou avec une charge de 1 à 4kg scratchée à la cheville

    travail dynamique des ischios jambiers avec charge scratchée

    • travail du mollet qui fond lui aussi, le mollet est tout aussi important que les 2 précédents dans la stabilité du genou... souvent négligé mais il faut y penser : pointes de pied.
  • extension surveillée surtout si port d'attelle longtemps
  • flexion permettant le vélo donc 110°

  • genou peu ou plus du tout gonflé, rotule centrée et bien mobile
  • proprioception sur trampoline ou mousse de proprio, pas chassés, petits pas, petit footing sur trampo
  • massage et glaçage des éléments périrotuliens
  • étirements : mollets, ischios, quadriceps. voir la page étirements
  • retour à la maison ou au boulot
  • pourquoi pas reprise douce et progressive du sport sans contact.
  • concernant la reprise du football avec un LCA rompu : il n'y a qu'un seul professionnel qui joue SANS, et lui a des cuisses ENORMES...conclusion : pour un sportif loisir il faut déjà bien se renforcer puis récupérer les gestes sportifs puis être confronté au sport et voir que cela tient de l'IMPOSSIBLE ou du DANGEREUX car on risque de casser autre chose, comme un ménisque voire l'autre ligament (LCP). 

f) Consultation avec le chirurgien

Les différents paramètres comme la flexion et l'extension sont un des critères.

Pour le chirurgiens il y a la stabilité passive (il teste en manoeuvrant le genou dans plusieurs directions pour voir s'il "saute" ou claque ou crépite) et le ressenti objectif du patient de la stabilité de son genou (ça lâche dans les escaliers, quand je change de direction,quand j'essaie de courir ou rien du tout).

Avec toutes ces caractéristiques testées par l'orthopédiste plus l'IRM,le telos OU le GNRB (www.genourob.comet la kinésithérapie le chirurgien décide en bon professionnel si votre genou est à opérer et faire une ligamentoplastie ou non.

Une ligamentoplastie n'est pas une urgence chirurgicale : vous pouvez attendre un peu avant de vous faire opérer (étudiants, congés, saison sportive pour reprendre en septembre...)

2 ) Les ligamentoplasties du LCA

Il y a différentes ligamentoplasties du croisé antérieur qui vont varier en fonction du site de prélèvement :

  • le tiers moyen du tendon rotulien : Kenneth Jones ( = KJ ) technique historiquement la plus ancienne
  • les tendons postéro internes de cuisse : Droit Interne et Demi Tendineux ( = DiDt)
  • technique TLS tape locking screw (détails techniques sur www.cross-lig.com/fichier/to-tls-fr.pdf)
  • un seul tendon des ischios jambiers (le demi tendineux) pour faire un DT4
  • la bandelette fibreuse de cuisse (fascia lata) : Mac Intosh et autres...

Il existe aussi une (ligamento)plastie dite de Marcel Lemaire qui ne reconstruit pas le ligament croisé antérieur (et n'annule donc pas le tiroir) mais qui est une stabilisation du ressaut rotatoire interne. Elle est en plus extra articulaire (et donc pas en profondeur de l'articulation comme les ligaments croisés). Cette stabilisation est désormais un peu décriée (pour des raisons biomécaniques) mais elle a eu son heure de gloire dans les années 80 et 90 et beaucoup de patients en sont encore très contents car assez stabilisés pour "rejouer". Elle est aussi encore utilisée comme stabilisation en plus d'un KJ ou d'un Di-Dt.

Basiquement et pour contrer les Forums qui disent tout et rien à la fois :

  • le KJ : provoque une fonte rapide du quadriceps et implique béquille et attelle, adhérences fréquentes sur le site de prélèvement, pas de problème de claquage, peut fragiliser la pointe de rotule avec parfois des tendinites, pas adapté pour les patients étant souvent à genoux, cicatrice au milieu du genou sous la rotule 4 à 7 centimètres + les 2 points d'arthroscopie. Pas obligatoire pour les footeux. Cependant les ancrages os-tendon-os du prélèvement en font une des platies les plus solides quant à la fixation de la plastie à l'os.
  • le Didt : prélèvement sur les ischios jambiers dont risque temporaire de claquage (= lâchage d'adhérences) les 3 premières semaines puis récupération rapide, moins de fonte du quadriceps que le KJ, cicatrice un peu en interne 3cm (voire 1,5cm pour certains chirurgiens!!) + les 2 points d'arthroscopie. La plastie est fixée à l'os par des vis résorbables ou alliage.
  • le TLS est l'évolution du DiDt car plusieurs arguments techniques sont à l'avantage de cette technique :
    • on ne prélève qu'un seul tendon des ischios jambiers (ce qui modère ceux qui pensaient qu'il était gravissime de prélever 2 des 3 "tendons" des ischios)
    • le tendon est enroulé en 4 voire 5 brins parallèles avec tous mécaniquement la même résistance théorique
    • la prétension du ligament ce qui va annuler l'effet (plastique) mécanique du ligament qui pourrait se distendre juste après la plastie
    • les trous osseux sont plus petits et donc le support d'accrochage est moins "attaqué"
    • l'entrée de la vis se fait du dehors vers le dedans et le diamètre est inférieur
    • et dernier point positif le néo ligament est tracté par des fils tressés ce qui permet d'avoir un moyen de serrage de la plastie sur l'os moins aggressif, les fils sont ensuite coupés à ras de la vis
    • cependant point négatif : il y a du matériel qui sera peut etre à retirer = les 2 vis en titane
  • le DT4 est l'évolution du TLS et présente les avantages du TLS mais sans les vis en titane ainsi que des tunnel courts et parfois "all inside"

2 photos de la méthode TLS avec les vis et les fils de traction

autre TLS

  • le Mac Intosh, on le dit plus rapide à récupérer...bof, prévu pour les footballeurs professionnels...pas si sûr...fait de temps en temps de vastes hématomes le long de la cuisse : OUI, cicatrice sur le coté de la cuisse partant du côté du genou et remontant sur 10 à 12cm !!! il tend à disparaitre même dans l'est de la France
  • au bout de 6 mois TOUT LE MONDE EST AU MEME NIVEAU , PROMIS ! alors fiez vous à la patte du chirurgien et à ses habitudes et pas à une cicatrice "super belle" ou à tel ou tel champion du monde...

Les principes de rééducation :

  • on récupère l'extension AVANT la flexion même si le chirurgien veut une belle flexion
  • la flexion revient presque toute seule (120° au bloc deviennent 70° à la sortie de la clinique, 90° au bout de quelques séances de kiné et 120° facilement sans forcer dès que les muscles refonctionnent normalement soit entre 3 semaines et 2 mois post opératoire SINON y'a un truc qui est foireux : le genou ou le patient...)
  • glacer régulièrement pour éviter de conserver un gros genou quand la rééducation s'intensifie
  • pas de footing avant 3 à 4 mois sauf ordre du chirurgien
  • pas de poids à la cheville pour le travail du quadriceps : DANGER pour la plastie
  • travail des ischios jambiers dès le début pour les KJ
  • pour les DiDT travail des ischios jambiers à partir de 3 semaines après le bloc et DOUCEMENT au début (idem pour TLS et DT4)

a) A la clinique, post opératoire, au lit du patient :

chirurgicalement :


Le lendemain de l'opération les redons sont en place (servent à drainer les liquides autour de l'articulation) , le pansement compressif aussi , les perfusions sont encore là.

Parfois on peut trouver un bloc crural (posé ou piqué par l'anesthésiste, sous la peau en haut de la cuisse opérée) qui agit en coupant la sensibilité et donc la douleur de la face antérieur de la cuisse et parfois de la jambe mais coupe un peu la motricité et donc la possibilité de contracter correctement le quadriceps...

A la clinique certains chirurgiens posent une attelle articulée ou non ou pas d'attelle du tout ; cela dépend du chirurgien et du profil du patient (le jeune imprudent sera plus protégé par l'attelle)

Le 2è jour, les perfusions sont enlevées et les redons s'ils ne donnent plus ou presque plus (décision infirmière/médecin) sont retirés aussi. Le pansement a été refait en enlevant au premier jour post opératoire celui qui est compressif.

concrètement : ça fait mal, ça ne contracte pas bien et si vous avez pris de la morphine en piqûre le contenu de l'estomac veut aller dehors ! On a envie de se lever seul mais ce n'est pas prudent (ou autorisé seul au début).

kinésithérapiquement : C'est un temps essentiel, de prise de confiance dans la nouvelle stabilité du genou mais surtout de vigilance et de conseils. Votre kiné, au lendemain de l'opération, fera les choses habituelles lors de l'hospitalisation

  • Vérification de l'installation du patient : orteils et rotule dirigés vers le plafond, pas de coussin ou bourrelet de couette ou lit électrique laissant le genou plié.
  • ATTENTION un genou plié est un genou autorisé à gonfler !!! Privilégiez la position genou tendu.
  • cela n'empèche que votre genou plie et que vous avez été opéré le genou plié et donc votre kiné va vérifier la flexion et vous devrez entretenir cette flexion entre 0° et 70°
  • apprentissage du "comment bien glacer son genou" : 15 minutes toutes les heures s'il y a besoin mais en général 3 fois par jours suffisent. On ne glace pas plus de 15 minutes au même endroit et on glace partout où ça fait mal, partout où c'est bleu et partout où c'est gonflé.
  • Vérification de la qualité de contraction : exercice "écrasez ma main" = ECRASE-COUSSIN bien connu. Cela dit on ne laisse pas le coussin ou un bourrelet de couette sous le genou pour soulager la douleur à court terme = Bétise !!! le genou à plat est la bonne solution dans le lit

le genou écrase, le talon ne se décolle pas = ECRASE-COUSSIN

la rotule doit remonter lors de la contraction,tractée par le quadriceps

Cet exercice bète et méchant doit être fait toute la journée, il est essentiel et déterminant pour les suites immédiates de la rééducation. Ces contractions longues et intenses ( 5 secondes mini ) vont réveiller le quadriceps pour marcher en sécurité genou tendu, drainer le genou en tractant sur le cul de sac sous quadricipital encore gorgé de liquide, et redonner un rapide retour à l'extension complète sans rechercher l'hyper-extension.

  • Apprentissage de la flexion-extension aidée des 2 mains du patient. Simplement le patient prend son genou opéré à 2 mains et il fait le mouvement de la canne à pêche avec un moulinet (en haut puis en bas en laissant le talon glisser sur le lit ). Cet exercice doit être fait au moins une fois par heure juste pour se faire à l'idée que ça plie !!! 

C'est vrai : vous avez été opéré le genou plié à 90° du fait de l'arthroscopie et le chirurgien (qui n'en n'est pas à son premier genou ) a vérifié qu'il n'y avait pas de conflit entre la ligamentoplastie et les éléments osseux du genou et il a pratiqué les manoeuvres de "cyclage" pour s'assurer que les fixations (vis résorbables souvent) dans l'os ne "migrent" pas....et donc flexion-extension enchainées...

  • DEBOUT !!! avec le déambulateur, pour quelques pas voire plus, le genou opéré tendu et le quadriceps contracté. Le lendemain c'est mieux et avec les 2 béquilles c'est plus simple (pas de perfusion ni de redon).
  • Le 3ème jour la marche se fait toujours genou tendu sinon des douleurs en barre horizontale sous la rotule apparaissent. La marche la plus normale possible viendra un peu plus tard et corrigée par le kiné.
  • Des étirements doux des 2 mollets peuvent être pratiqués pour lever la contracture du mollet coté opéré qui est souvent la source du flexum antalgique = déficit d'extension car le genou est gonflé.

b) Pour la sortie de la clinique, pour les DiDt (et TLS / DT4) :

  • la qualité de contraction est satisfaisante et permet un bon drainage du cul de sac
  • l'extension du genou est presque obtenue du fait des contractions (dans le lit, toute la journée vous vous en souvenez...)
  • la marche se fait genou tendu quadriceps contracté avec 2 béquilles voire une seule côté non opéré. A ne pas faire : se pencher sur la jambe qui va bien en évitant l'appui. Le patient se transforme alors en tour de Pise en appui sur sa béquille (photo ci dessous)

"Tour de Pise" : ça penche...donc ça évite l'appui : pas bien

 l'axe du corps doit être entre les 2 pieds

  • les escaliers sont faits : on DESCEND TOUJOURS la jambe OPEREE en PREMIER tendue comme un poteau comme si vous aviez l'attelle (parce que la jambe opérée ne pourrait pas freiner la descente !) et pour monter c'est l'INVERSE (la jambe non opérée qui grimpe sur la marche supérieure et donc qui va élever le reste du corps).Les béquilles entourent le pied côté opéré.
  • S'il existe (NORMAL POUR LES Di-Dt) un petit hématome naissant à l'arrière du genou il ne faut pas oublier de le glâcer
  • Il faut savoir que les ischios jambiers sont fragiles pendant les 3 premières semaines et que toute extension forcée du genou comme tout relevé brusque d'un siège peut provoquer un pseudo claquage c'est à dire un décollement des muscles prélevés pour la plastie de la masse des autres ischios jambiers.

c) Sortie de la clinique pour les KJ

  • la qualité de contraction est souvent faible voire "dans les chaussettes" car le prélèvement du tiers moyen du tendon rotulien inhibe cette contraction du quadriceps. écrase coussin obligatoire toute la journée pour avoir une qualité de contraction qui tient le genou
  • ATTELLE obligatoire car il y a un risque de lâchers de genou du fait du quadriceps faible et encore inhibé. 2 béquilles et en route...
  • les escaliers sont faits et c'est pareil bien sûr : on DESCEND TOUJOURS la jambe OPEREE en PREMIER et pour monter c'est l'inverse.

d) Post-opératoire immédiat ( les 2 premières semaines)

chirurgicalement : c'est la phase avec pansement et fils, la cicatrice se ferme ainsi que les points d'arthroscopie.

2 points d'arthroscopie + site de DiDt (ici méthode TLS)

merci Dr Nicolas LEFEVRE (CMC paris 5) pour cette superbe cicatrice

concrètement : c'est une phase de repos et de surveillance.Il faut que les périodes où le genou gonfle (ballades trop longues, piétinement, genou plié trop longtemps, glaçage insuffisant) soient les plus courtes possibles : il faut se ménager. TOUT DEPEND AUSSI DE LA CHIRURGIE EFFECTUEE : un KJ a l'obligation d'attelle que n'a pas un DiDt (pas d'attelle non plus pour les TLS)

kinésithérapiquement : cela dépend du chirurgien

  • Dès J6 (6è jour post opératoire) pour une majorité de chirurgiens par exemple : REEDUCATION PRUDENTE avec entretien ou récupération de la qualité de contraction du quadriceps, un peu de flexion pour la conserver en général jusqu'à 60 à 90° en attendant J21
    • appui entre 2 béquilles avec l'attelle genou tendu parfois attelle articulée 0 à 45°
    • pas de vélo : pas encore possible !
    • pas de poids au bout du pied, pas de résistance : INTERDIT et dangereux
    • glaçage pluri-quotidien 15 minutes maxi, chaque heure si besoin
    • massage péri rotulien pour le drainage du cul de sac
    • mobilisations de la rotule
    • techniques de réveil du quadriceps : écrase coussin,électrostim...
    • étirement doux du mollet coté opéré

étirement doux mollet coté Gauche opéré, DiDt 6è jour post op

  • Pour les autres, la clinique des Maussins (75019) par exemple, pas de rééducation chez le kiné mais tout se fait à domicile pendant 10 jours :

    • voir la page CONSEILS
    • contractions du quadriceps au lit façon écrase coussin
    • glaçage pluri-quotidien maxi 15 minutes toutes les heures si besoin
    • marche genou tendu avec 2 béquilles puis une béquille côté opposé à l'opération si tout va bien, à la condition que le patient ne s'incline pas sur la béquille = tour de Pise.
    • pas de piétinement (dispense de courses et de vaisselle) ni flexion prolongée
    • flexion-extension jusqu'à 80-90° avec les 2 mains comme une canne à pêche

    flexion aidée des 2 mains pour entretenir la mobilité de 0 à 60° voire 90°

    • anti-coagulants tous les jours et à heure fixe selon la prescrition
    • pansement par une infirmière tous les 2-3 jours (pansement qui ne doit plus être souillé, les points et la cicatrice ne coulant pas)
    • une prise de sang par semaine pour surveiller les plaquettes sanguines entre autres.
    • pour la douche : film alimentaire autour du genou, un peu de scotch au dessus et au dessous et zou. bains interdits tant que les pansements sont présents.

e) De 15 à 21 jours post-opératoire à 2 mois post-op.

chirurgicalement : la cicatrice est fermée, les fils enlevés, le genou dégonfle doucement et les amplitudes sont autour des 80 à 90° sans forcer le reste viendra aussi SANS FORCER (personnellement je ne travaille jamais la flexion à cette phase ! LA FLEXION VIENT TOUTE SEULE, merci les contractions et l'écrase-coussin qui libèrent les adhérences et libèrent la flexion).

cicatrice de Di-Dt à 3 semaines

concrètement : toutes les ligamentoplasties sont en rééducation ! 3 à 5 séances par semaine si le genou supporte. A la fin de cette phase l'extension est obtenue et conservée entre les séances du moins le kiné l'espère. La marche se fait en général pour les DiDt (et TLS) sans béquille et avec parfois une légère boiterie "souvenir" façon jambe de bois. Pour les KJ il reste une béquille côté opposé à l'opération car le quadriceps est forcément déficitaire et pas assez sécurisant.

Attention à la qualité de la marche avec une béquille qui doit laisser le corps vertical et pas comme une tour de pise...

kinésithérapiquement : déroulement d'une séance type modulable selon le patient et l'état du genou

  • vérification et mobilisation des cicatrices d'arthroscopie (2 points autour du tendon rotulien)
  • vérification de la cicatrice de la stabilisation de Type Lemaire si elle existe car elle est souvent boursoufflée et un peu inflammatoire.
  • Vérification de la cicatrice antéro interne de prise de greffe pour les DiDt et médiane pour les KJ.
  • massage-mobilisation du cul de sac sous quadricipital, en général gonflé au début de cette phase
  • mobilisations de la rotule surtout vers l'abaissement. Avec une petite contraction du quadriceps pour le réveiller : l'abaissement + contraction permet de visualiser la remontée de la rotule lors de la contraction et d'améliorer la qualité du recrutement musculaire.
  • Il faut aussi mobiliser le tendon rotulien surtout pour les KJ pour libérer les adhérences mais aussi pour les DiDt en prévention des douleurs rotuliennes si ce tendon est trop peu mobile.

Mobilisations transversales du tendon rotulien. KJ à 3 semaines

abaissement de la rotule

  • ECRASE-COUSSIN obligatoire. Au début de cette phase un coussin cylindrique ultra mou permet de bien ressentir le travail en cocontraction quadriceps+ischios jambiers et de voir l'écrasement AVEC la contraction + élévation de la rotule. Régulièrement le coussin est changé de mou à plus ferme.

écrase coussin, KJ à 10 jours avec son joli hématome

  • gros ballon klein à écraser pour le travail des ischios à partir de 3 semaines post opératoire pour les DiDt (TLS idem): position assise (voir photo avec le ballon vert ci dessous) ou debout avec la bande scratchée à la cheville

on écrase le ballon = travail isométrique des ischio jambiers

puis le relâchement = phase brève excentrique douce

à gauche = début, à droite = travail dynamique des ischios charge 1,5kg

les 2 genoux restent bien collés

VIDEO ICI

    • Puis presse (ou assimilé : demi squat) avec modération et charges légères et mouvements lents controlés et amplitudes limitées à 60° de flexion jusqu'à l'extension sans la forcer.Je rajoute parfois la condition des pieds à "10 heures 10" pour libérer un peu la rotule et hop ça passe mieux sans accrochage rotulien.

  

A gauche 60° de flexion, à droite l'extension incomplète sans forcer

bien sûr pour un travail précis il faut le faire à une seule jambe

VIDEO presse à J15, charge 15kg

    • A LA CONDITION QUE TOUT SE PASSE BIEN ET CHAQUE PROGRESSION PEUT ETRE ARRETEE SI LE GENOU REGONFLE OU SI LA ROTULE SOUFFRE.
  • flexion-extension aidée façon canne à pêche avec les 2 mains du patient autour du genou
  • progression de la flexion sur le vélo autour de 110°

VIDEO VELO autour de 110°

  • glaçage rotule / cul de sac (en même temps que l'écrase coussin c'est possible)
  • électrostimulation du quadriceps (vaste interne seul c'est bien, ou tout le muscle pour les protocoles accélérés ou pour les KJ dont le quadriceps est souvent dans les chaussettes)

Stimulation du quadriceps assis (ici DiDt à 10 jours)

plus tard on préfèrera la stimulation debout en charge

  • étirement prudent mais au moins 30 secondes tenues du MOLLET. Prudent car la mise en étirement doit être lente.  tenues car souvent c'est une contracture du mollet (+ ou - des ischios jambiers) qui verrouille(nt) le genou en flexum, empêchant l'extension totale...(voir photo au dessus au 6è jour post op)
  • vérification de la flexion avec le test de l'extension en position d'étirement des 2 mollets. Ce test est aussi révélateur de petits problèmes rotuliens : lors de ce test même réalisé lentement les patients peuvent ressentir :
    • une "barre" sous la rotule qui signe un genou un peu gonflé (la rotule est repoussée vers le bas et ça "coince")
    • une irritation de la rotule (le syndrome rotulien temporaire des ligamentoplasties qui boitent)
    • un tendon rotulien un peu collé pour les KJ bien sûr...

VIDEO TEST DE L'EXTENSION

Dans cette video vous pouvez voir que l'extension du genou droit (opéré)

n'est pas tout à fait égale à celle du coté gauche (sain).

La marche se faisait d'ailleurs en discret flexum avec une douleur en barre sous la rotule...

  • A la fin de cette phase le patient peut faire plein de choses tant en rééducation qu'à l'extérieur.
  • Ce n'est pourtant pas le moment de faire "le kéké" en boite ou de "taper le ballon" entre amis.
  • La reprise professionnelle est possible pour les "sédentaires au bureau" sans transport pénible.

f) De 2 mois post-op à la période 4-5 mois post-op.

chirurgicalement :

C'est le début de la phase de ligamentisation où la ligamentoplastie "tendineuse" devient progressivement un ligament par appauvrissement cellulaire. C'est donc une phase de fragilité relative où il ne faut pas distendre la plastie bien qu'elle soit 110 à 250% plus solide que l'autre côté.

Il faut noter qu'au début de cette phase certains genoux après 2 mois post-opératoires n'ont pas encore récupéré l'extension...

  • Soit ce déficit est prévu par l'ajout d'une suture méniscale ou une réparation ligamentaire / musculaire soit la sensation en fin d'extension est dure et douloureuse...Ce dernier cas qui frole les 1,5% des genoux n'obtenant pas l'extension à 2 mois post-opératoire peut être la conséquence d'un CYCLOP SYNDROME.

Cyclop syndrom

  • Ne vous alertez pas si votre extension n'est pas stable à 2 mois post opératoire, chaque genou est unique et dépend de la personne et aussi de la rééducation et surtout de l'état de gonflement du genou.
  • Le cyclop syndrome est rare, il limite l'extension du genou parfois jusqu'à 20° de flexum par hyper-cicatrisation= kyste autour du pied de la plastie du LCA. La fin d'amplitude d'extension est ressentie par le kiné comme dure et inextensible. La solution, dont la décision revient au chirurgien seul peut être une arthroscopie pour nettoyer tout ça, enlever le kyste ce qui libère de suite l'extension et la flexion complète.

concrètement à cette phase :

On bosse en rééducation 2 à 3 séances par semaine mais certain chirurgiens stoppent la rééducation pendant 2 mois à ce terme... Cependant cela va très très bien avec reprise du travail (au bureau en tout cas) pour les professions "à risque pour le genou" le médecin de rééducation temporise. L'isocinétisme arrive à la fin de cette phase dans le traitement (voir les videos sur la page MATERIELS)

PAS DE TRAVAIL DES ROTATIONS EN CHARGE cependant il faut vérifier manuellement en flexion 90° la qualité des rotations du tibia sous le femur qui doit être comparative (paramètre mineur comparativement à la flexion-extension).

En général autour de 3 mois et donc au milieu de cette phase le footing prudent est autorisé.

kinésithérapiquement :

  • la marche est de bonne qualité du fait de l'extension acquise

le Stepper : attention prudence pour les rotules...

  • le quadriceps doit avoir une bonne qualité de contraction et la rotule remonte lors de la contraction
  • les amplitudes progressent toujours sans forcer...au dessus de 90° en tous cas
  • la proprioception c'est à dire la capacité des groupes musculaires à être vigilents et à protéger activement l'articulation prend toute son importance pour protéger le genou...
    • genou tendu : un peu déroutant quand on fait travailler le genou en position où il est verrouillé. Mais, l'important est de prendre confiance dans les articulations adjacentes comme la cheville et la hanche. ATTENTION cependant pour les ligamentoplasties avec le petit syndrome rotulien habituel il faut alterner genou tendu - puis quelques pas de marche normale sur le trampo - puis genou tendu sur l'autre pied pour comparer - puis quelques pas puis on repart sur le genou opéré SINON les pressions sur la rotule réveillent la douleur et 2 minutes suffisent pour gêner le patient.

    Genou tendu   Déverrouillé

    • genou partiellement fléchi = déverrouillé sur sol stable puis déstabilisé par le kiné puis sur sol instable (trampoline, mousse de proprioception)...etc...là aussi il faut alterner avec des petits pas sur place sur le trampo... ATTENTION CERTAINS CHIRURGIENS N'AUTORISENT PAS ENCORE LE TRAVAIL DE PROPRIO SUR TRAMPOLINE SURTOUT GENOU FLECHI.
  • le travail un peu plus ciblé des ischios jambiers continue et s'intensifie avec de l'écrase-gros ballon (pour une fois que ce n'est pas de l'écrase coussin !!!) et en résistance manuelle en dynamique de l'extension à environ 60°(presque tendu vers la flexion et la retour sans résistance)

on écrase le ballon = travail isométrique des ischio jambiers

  • exercice pour les ischios jambiers debout les genoux collés et une charge "scratchée" à la cheville.C'est un exercice pas très confortable car on sent que ça se froisse dans l'arrière de la cuisse mais ce type de renforcement est efficace. De plus il faut surveiller que la cheville est bien relâchée sinon le genou bloque à 90 degrés et ça ne travaille que le mollet...raté pour les ischios! Quand les ischios travaillent la flexion monte au dessus de 90°. VOIR LES VIDEOS CI DESSOUS
  • gain de flexion

Vidéo : travail des ischios à 3 semaines après un Di-Dt

Vidéo : travail des ischios à 3 mois après un Di-Dt (mode rapide freiné !)

  • exercices de foulées sur le trampoline avec accélérations ou non

Vidéo : foulées sur trampoline avec accélérations

  • sauts verticaux avec en évolution pas chassés puis saut, footing puis saut...

Vidéo : sauts verticaux

  • début de l'isocinétisme à 4 mois et demi post opératoire,EN ACCORD AVEC LE CHIRURGIEN, à vitesse rapide autour de 180°/s pour ne pas trop charger la rotule qui est encore suceptible. Attention ce n'est pas LE TEST isocinétique prévu à 6 mois post-op mais une façon d'augmenter le travail du quadriceps et d'être en parallèle avec la reprise du footing. Le travail isocinétique d'après les conclusions de la Haute Autorité de la Santé (HAS) n'a pas prouvé sont intéret essentiel. Le test est uniquement comparatif (voire diagnostique pour les douleurs avec des courbes typiques). Le coût de ces appareils qui va de 20000 à 100000 euro est d'ailleurs un argument supplémentaire pour que les cabinets ne s'équipent pas systématiquement.

g) La période de reprise sportive "cadrée" : 5-8 mois.

C'est la période où le patient est confronté aux résultats de sa rééducation

c'est aussi la phase de préparation physique et de réathlétisation

  • les amplitudes sont là
  • le volume musculaire n'est pas encore tout à fait "comme avant" mais pour les plus jeunes (18-25 ans) les reliefs sont bien revenus
  • le test isocinétique est satisfaisant avec moins de 20% de déficit par rapport au membre opposé
  • les sensations sont encore floues au début de cette phases mais certains patients ont plus de feeling.
  • C'est aussi la phase la plus ludique pour le kiné et la plus transpirante pour le patient.

chirurgicalement :

  • Footing en ligne droite autorisé depuis le 3ème mois et demi
  • reprise prudente des sports "en ligne" mais sans contact au 6è mois voire le 5è pour les plus prudents
  • FOOT ENCORE INTERDIT A CETTE PHASE
  • La reprise du footing est d'ailleurs toujours racontée comme  "j'ai eu le genou un peu serré à l'intérieur le lendemain..." dixit les patients.

concrètement :

  • le genou est autour de 120° de flexion et plus pour les maigrichons et laxes (souples)
  • l'extension est à 0°
  • il existe quelques degrés normaux d'hyper-extension
  • Une partie des patients ont stoppé la rééducation car en général les médecins considèrent que la rééducation a atteint son but et permet une qualité de vie tout à fait normale mais pas pour une reprise sportive.

kinésithérapiquement :

  • vérification de la marche
    • symétrique
    • sans boiterie
    • sans impression de ramer avec une main pour compenser un membre opéré qui traine
    • l'extension est acquise à tout moment de la journée
    • les footing ne génèrent plus de gonflement même de 30 minutes
    • le genou doit être froid TOUT LE TEMPS, seuls les muscles chauffent...
  • vérification des cicatrices qui deviennent planes et moins colorées, moins adhérentes aux tissus sous jacents : tant les points d'arthroscopie que le site de prélèvement
  • mobilisation de la rotule
    • haut, bas
    • transversalement,
    • baillements pour tester les ailerons (s'il reste des douleurs rotuliennes)
    • techniques de recentrage manuelles comme les rotations autour d'un axe avant-arrière qui doivent être symétriques sinon cela peut cacher un syndrome rotulien à venir
  • vérification de la tonicité du quadriceps en particulier du vaste interne qui est le marqueur d'une fonte musculaire globale, comparaison avec le coté opposé bien sûr
  • vérification des articulations adjacentes : cheville, péronéo tibiales, hyperextension des genoux comparative (sans bien sûr rechercher une hyperextension énorme si c'était la cause de la rupture...)
  • vérification de l'amplitude de flexion : talon fesse souvent recherché par le chirugien
  • en flexion 90° mobilisation transversale du tendon rotulien : en particulier pour les KJ mais aussi pour les DiDt pour libérer tous les paramètres "quadriceps-rotule-tendon rotulien"
  • vérification manuelle de la rotation interne tibia sous femur qui doit être identique au coté opposé et en tous cas pas inférieur sinon le genou est perçu comme trop serré.
  • "course statique" sur trampoline
    • mou puis trampoline dur
    • avec montées de genoux à vitesses variées = accélérations sur un sol qui ne rend pas les chocs + travail respiratoire et de l'endurance : travail fractionné et de gainage de la course
  • "course statique" sur le sol, patient chaussé = le sol rend les chocs. Cela permet une transition et une reprise de confiance par rapport au footing. Montées de genoux
  • Pas chassés, attention à ce que les genoux ne se regardent pas = reproduit la lésion !!!!

VIDEO exercice les pas chassés

  • petits sauts verticaux, puis petit footing de 20 mètres pour récupérer puis petits sauts jusqu'à temps que le patient devienne tout rouge!
  • course à toute petite foulée, ATTENTION la course à petite foulée n'est pas un moyen de récupération musculaire car la faible mobilité des membres inférieurs et les contractions musculaires presque continues ne permettent pas de drainer correctement les cuisses.
  • ISOCINETISME à 90°/s et 180°/s.
  • footing 5 km/h sur 20 mètres (cabinet immmmmmense !!!) avec arrêt lent en bout de ligne. symétrie de la foulée

En dehors de la kinésithérapie :

  • footing et travail de l'endurance. Au début de cette phase le footing est en ligne sans accélération ni changement brusque de direction sur un sol stable et non glissant.
  • vélo sans trop de reliefs sans limite de temps en fin de cette phase
  • A la fin de cette phase les sports en ligne sont repris et la course peut subir les accélérations (testées en rééducation si le patient supporte encore son kiné).

h) La quille : 9 mois à 1 an

chirurgicalement: l'autre genou va bien... ouf !!! mais il faut le remuscler aussi : travail symétrique+++

attention cependant pour un jeune de moins de 18 ans les statistiques sont terribles : 22% de cas de blessure de l'autre genou alors prudence et renforcement des 2 cotés.

concrètement : reprise des sports pivots et pivots contacts et du ski à 1 an, bien remusclé, pour les mordus...

kinésithérapiquement :

  • la flexion maximale est recherchée
  • reprise totale du volume musculaire recherchée
  • test isocinétique satisfaisant voire supérieur au coté sain
  • le footing ne pose plus de problème, ni l'endurance
  • accélérations possibles
  • changements de directions possibles
  • sauts, foulées bondissantes, gammes d'athlétisme, travail du pied, pliométrie si besoin
  • reprise du FOOT passés 9 mois avec accord du chirurgien et sports assimilés : rugby, hand ball, badmington

.

3 ) Les entorses latérales du genou : LLI et LLE

a) Entorse du LLI = ligament collatéral tibial

Ce ligament est anatomiquement constitué de 2 plans : un plan profond collé à la capsule articulaire (et donc au ménisque) qui va du femur au ménisque et du ménisque au tibia et un plan superficiel qui va directement du femur au tibia.

En général cette lésion ligamentaire est sans conséquence car la cicatrisation est de bonne qualité. Même si elle est de l'ordre de 6 semaines la cicatrisation peut s'étaler avec des douleurs jusqu'à 6 mois.

Il arrive parfois au footeux un peu pressés pour reprendre de se refaire la même entorse du LLI juste avant le 6è mois sur une frappe de l'intérieur du pied alors prudence

Dans 99% des cas la cicatrisation est cependant sans problème, le cas rare étant appelé maladie de pellegrini stieda (ossification de la partie haute du ligament visible comme un trait dans la profondeur du ligament à la radio).

La relation intime qui existe entre le LLI et l'emballage articulaire = capsule articulaire par son faisceau profond peut faire trainer les douleurs et faire penser à des douleurs méniscales.

La rééducation est simple, dans l'attente du dégonflement du LLI normalement plat.

  • glaçage local au glaçon : on glace et quand ça brûle un peu on réchauffe avec la paume de la main
  • physiothérapie TENS
  • récupération de l'extension s'il existe une attitude antalgique en flexion par les méthodes classiques
    • écrase coussin avec des coussin que l'on diminue au cours de la séance
    • étirements +++ du mollet pour lever la contracture du fait de la boiterie et de la douleur interne. prudence au début car la cicatrisation "consomme" un peu d'extension et tirer trop fort est délicat... 
    • vérification de la tonicité des ischios jambiers internes qui sont parfois douloureux en bas faisant penser à une élongation
  • récupération DOUCE de la flexion jusqu'à talon-fesse en y allant progressivement tous les jours un peu plus en écoutant la douleur et parfois en cassant doucement les adhérences (crac)
  • parfois la flexion est limitée entre 60 et 90° du fait des adhérences...c'est le moment de forcer un peu chers confrères c'est juste collé!
  • massage manuel pour drainer le ligament.
  • électrostimulation du vaste interne le temps de diminuer les douleurs locales pour faire de la presse ensuite

Parfois lors de déchirure complète du LLI il faut intervenir chirurgicalement avec des petites ancres résorbables ou non qui vont réinsérer le LLI sur l'os.

Genou Gauche avec les "crochets" de suture du LLI

(et plastie du LCA avec un KJ)

b) Plastie du LLI au tendon d'un ischio jambier

La rééducation est un peu comme celle d'une plastie du croisé car il faut obligatoirement respecter les ischios prélevés sinon il y risque de lachage des adhérences (équivalent d'un gros claquage) et ce pendant 3 semaines. Certaines publications autorisent un début de travail avec résistance manuelle dès 15 jours.

Il y a aussi un cap articulaire a passer au plus vite car le LLI colle autour de 60° de flexion.

conclusion prudence pendant 3 semaines pour les ischios, la flexion rapidement autour de 60 à 80° puis selon le chirurgie on progresse en flexion. Dès que possible (ou autorisé) vélo

c) Entorse du LLE = ligament collatéral fibulaire

Elle est rare (trop rare pour en parler d'ailleurs). S'il y a rupture complète du LLE c'est vers un chirurgien qu'il faut se diriger.

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4 ) Les entorses du Ligament Croisé Postérieur (LCP)

voir la page dédiée sur le site secondaire : le LCPostérieur

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Les autres pathologies sont ici (cheville, hanche, cervicales, tibia, tendon d'achille...)

pour toute question : stephane.martine@reeducationgenou.com kine.genou@gmail.com