www.reeducationgenou.com par Stéphane MARTINE (Soisy sur seine - 91450)
 

La rééducation du genou rotulien


Page mise à jour le 22 / 01 / 2014.

Discussion et banalités...

Toutes les rééducations du genou rotulien ne doivent pas se focaliser sur le renforcement du quadriceps. Les ordonnances « vaste interne » et «renforcement isométrique du quadriceps » font encore partie du lot des prescriptions mais sont trop imprécises.

Ces ordonnances laissent pourtant la part belle au bilan kinésithérapique pour orienter la rééducation des différents types de syndromes rotuliens. A un moment il faudra bien sûr le renforcer ce quadriceps dont on sait qu'il intervient notablement quand on parle de rotule douloureuse. Il faut juste savoir QUAND et COMMENT renforcer ce muscle. Certainement pas en mettant des charges accrochées aux pieds... On en reparle plus bas.

La prévention comment tout petit avec

l'interdiction de laisser s'assoir les enfants en W.

Syndrome quoi ?

Le syndrome rotulien est un ensemble de signes cliniques et décrits par le patients. Typiquement on retrouve surtout le signe du cinéma (ou du canapé) qui fait que toute position assise prolongée fait une douleur rotulienne dans cette position et quand on retend le genou.

Les craquements ou crépitements sont aussi dans la descriptions habituelles mais ils ne sont pas toujours un facteur aggravant du syndrome rotulien.

Ces douleurs sont en général en barre verticale le long du bord interne de la rotule et plus ou moins en barre horizontale sous la rotule et dans les creux autour de sa pointe inférieure. Parfois tout le pourtour de la rotule est sensible à la pression traduisant une inflammation locale (test de la pression des bords rotuliens). La douleur horizontale sous la rotule existe aussi et il faudra s'intéresser alors à la mobilité entre le femur et le tibia.

            Pour simplifier ou anticiper les réponses données à mes patients je dis que tout problème de membre inférieur peut à un moment donner des douleurs de rotule et générer un syndrome rotulien temporaire.

Il faut différencier dans l'ensemble des syndromes fémoro patellaires :

·   la rotule "mal fichue " anatomiquement ou rotule dysplasique (trochlée peu ouverte voire convexe)

·         la rotule mal stabilisée et/ou après une luxation = rotule instable

·         la rotule de l’adolescente (celui qui arrive à retrouver l'auteur de "la rotule de l'adolescente est le reflet de son âme" gagne une paire de chaussettes)

·        la rotule qui temporairement ne va pas bien après une ligamentoplastie et une boiterie en flexum (souvent dans le contexte de flexum ou d'une forte amyotrophie du quadriceps et quelques rares cas qui trainent dans le temps de sidération du quadriceps) ainsi que la rotule "forcée" après un effort particulier et intense (grande ballade en descente)

·         la rotule douloureuse sur un genou en recurvatum (=hyperextension++)

·         La rotule du marathonien et du coureur de fond est particulière car la musculation est normale en force mais les ratios isocinétiques sont souvent typiques de ce sport et proches de 50% ce qui est atypique (je me suis encore fait avoir il n'y a pas si longtemps). L'inflammation du système est parfois importante surtout après les entrainements avec pentes et pire des descentes...Le genou supporte lors du footing 2 à 7 fois le poids du corps alors tout excès (descentes) se paye pendant plusieurs semaines parfois. La cause des consultations est que le coureur stoppé par les douleurs reprend pour tester et subit alors les "douleurs de reprise" qu'il confond avec les douleurs précédentes. La solution : petit stage de vélo sans résistance ou presque puis elliptique pour gérer les douleurs qui diminuent puis reprise des footings sur 4 semaines avec progression de la durée. Pour les cas les plus algiques 5 minutes de course - 5 de marche - puis 5 de course. La semaine suivante 10-5-10 puis 15-5-15 et rapidement 30 à 40 minutes en une sortie. Le renforcement du quadriceps sera là aussi un impératif mais quand les douleurs seront largement diminuées et des activitées sportives alternatives trouvées. Le bilan global est de toutes façons obligatoire pour vérifier les adaptations/compensations et troubles ostéopathiques bassin/lombaire...

Dysplasie ? j'ai ça moi ?

Oui cela peut arriver à tout le monde
L'angle de la partie du femur en contact avec la rotule = la trochlée est trop ouvert et donc la rotule est mal tenue dans le rail trochléen du femur avec parfois des mouvements d'instabilité voire de luxation complète à la suite d’un choc latéral.

Dans certains rares cas extrêmes la trochlée n'est plus creusée mais "convexe" avec des conséquences mécaniques qui à coup sûr génèrent un syndrome rotulien car la rotule saute dès que le genou frôle l'extension. C'est le SEUL cas de rotule douloureuse qui peut etre chirurgical après un long bilan radio + scanner TA-GT et plusieurs avis de chirurgiens. Bien sûr les luxations récidivantes de la rotules peuvent être chirurgicales (la technique de stabilisation avec le tendon du droit interne est la technique que je préfère, technique du Dr Chassaing développée en parallèle avec l’équipe lyonnaise).


scanner pour examen de la TAGT du genou gauche

trochlée convexe

La rotule douloureuse dysplasique

La rotule dysplasique est une rotule un peu trop "plate" et donc pas assez "en relief". La trochlée fémorale qui est en face est symétrique elle est donc forcément trop peu creusée...

Radiologiquement on dit que l'angle est trop ouvert (voir la radio ci dessous)

La rotule droite "normale" (en haut) face à la trochlée fémorale (en bas)

en flexion dès 30° la rotule est engagée dans la trochlée

C'est une rotule qui est donc instable par sa morphologie insuffisante. Cette instabilité d'insuffisance de relief est perçue par des (micro)subluxations qui irritent le cartilage rotulien et inflamme la synoviale. Il s'en suit un syndrome rotulien avec les douleurs typiques de la position assise prolongée (signe du cinéma ou du canapé) autour de la rotule et/ou comme une barre sous la rotule. souvent ce sont des douleurs externes.

Le traitement habituel consiste a "désenflammer" la rotule au début par un travail des ischios et de recherche d'une bonne qualité de contraction du quadriceps PUIS d'un renforcement du quadriceps si besoin (en général c'est nécessaire mais le bilan nous le dit)

Ma suite d'exercices simples pour un syndrome rotulien en phase douloureuse :

mobilisation de la rotule dans tous les paramètres

    • en trouvant ceux qui sont modifiés par la "souffrance" rotulienne pour rétablir une sorte d'équilibre de tension des ailerons rotuliens par des manoeuvres en rotations de la rotule autour d'un axe avant-arrière du genou (les anatomistes vont s'arracher les cheveux)... ça marche pas mal sur la majorité des syndromes rotuliens.
    • cela me permet aussi de vérifier que cette rotule est très ou peu inflammée car la pression sur les bords me renseigne et ne trompe pas...
    • idéal aussi pour différencier des douleurs de pointe de rotule, du tendon rotulien ou de la TTA pour les ados en croissance (osgood schlater probable mais cependant rare et très souvent sport dépendant)
  • le renforcement des ischios jambiers ET des mollets : muscles qui "déchargent" l'appui de la rotule sur le femur
    • TENS si besoin : traitement transcutané anti douleur par hyperstimulation cutanée....en fait certaines études ont montrées que le TENS n'a pas fait totalement ses preuves. Je persiste à dire que poser un TENS sur un patient ne constitue pas à lui seul une séance...il y a tellement d'autres choses à faire! Le TENS fonctionne parfois il reste un outil mais pas la solution.

    Stimulation antidouleur TENS

    sur les bords de la rotule

    • l'écrase gros coussin : possible pendant la durée du TENS. Cela permet de travailler le quadriceps modérément sans déclencher les douleurs rotuliennes qui surviennent proche de l'extension complète (sur les genoux recurvatum par exemple) ou les trochlées convexes. Ne pas en faire toute la séance quand même... quelques minutes puis on passe à la suite
    • il faut absolument décomposer en 2 temps la contraction, le 1er temps est la remontée de la rotule le 2è est l'écrasement du coussin proprement dit en gardant la contraction et la rotule haute (et le talon qui glisse sur la table bien sûr)

    photo gauche : relâchement, photo droite : rotule haute et écrasement du gros coussin

    VIDEO sur youtube par l'auteur du site ICI

    le talon glisse sur la table, la rotule est remontée "tractée" par le quadriceps
    • étirement des ishios jambiers

    étiremement des ischios jambiers coté Droit
    le bassin "regarde" droit devant = le pied posé sur la chaise
    • étirement ET renforcement des mollets : les 2 membres et idem à la maison
      • Pour le renforcement il faut juste monter sur les pointes de pied et répéter les montées et descentes
      • Sur certains syndromes rotuliens sur recurvatum les mollets sont "trop" faibles et contracturés (et donc douloureux) et parfois 20 montées sur les pointes de pied suffisent à crééer des courbatures le surlendemain.
      • Alors n'abusez pas des pointes de pied... 2 fois 10 puis 3 fois 10 la semaine suivante puis 3 fois 20 pour être en pleine forme chaque jour.

    Pour les étirements voir la photo ci dessous.

    • Détail : en cas de recurvatum il faut "verrouiller" la cheville en plaçant un coussin sous l'avant du pied et avancer encore plus le pied avant en position de fente (comme un escrimeur)
    • les 2 pieds "regardent" droit devant.
    • durée : 30 secondes par membre inférieur

    étirement du mollet Gauche, et idem avec coussin "coin" pour les récurvatums

    étirement au bout de quelques séances du quadriceps talon / fesse si la flexion COMPLETE n'est pas trop douloureuse. Dans le cas où la flexion complète est trop douloureuse on peut passer par l'étirement genou au sol.

    étirement du quadriceps genou au sol
    si le talon-fesse encore douloureux

    • Vélo de rééducation
      • principe : vitesse élevée entre 60 et 80 tours par minute
      • très peu de résistance ce qui provoque un rodage de la rotule et un lissage de la surface du cartilage (protocole de lissage du Dr Lucas des Maussins 75019) sans oublier une production de liquide synoviale
      • Bien sûr il y a une dizaine d'années le vélo était déconseillé mais ce n'est plus le cas désormais.
      • on commence avec 5 minutes tous les jours à la maison puis 10 minutes
      • en cas de douleurs derrière ou au dessus de la rotule : marche arrière (= pédalage en arrière) quelques tours
      • Au bout de 3 à 4 séances de vélo de rééducation il est habituel que les patients me disent que les douleurs sont réapparues: ce n'est pas grave et heureusement temporaire car au moins on muscle et on  étire. courage !


    Les photos d'exercices simples

    Renforcement des ischios jambiers

    • à chaque séance !!!
    • le test manuel peut déjà être parlant quand on compare la force de flexion du genou des ischios jambiers Gauche et Droit en position assise (break test manuel)
    • écrasement du ballon Klein ou swiss ball. Attention la cheville doit être bien relâchée sinon cela provoque des petites douleurs sous la rotule et un travail du mollet (pas le bon muscle donc).

    travail des ischios en statique avec le swiss ball

    •  renforcement dynamique des ischios jambiers (=le patient fait le mouvement puis le freine en sens inverse) avec une charge scratchée à la cheville de 1,5 kilo puis 2kg et jusqu'à 4 kg pour la progression en position debout. Là aussi la cheville doit être bien relâchée sinon c'est le mollet qui travaille...et ce n'est pas le but.

    ischio jambiers Droit en dynamique
    le mouvement doit être continu
    rythme "tic tac" comme une montre = tic en bas et tac en haut !
    le rythme 1 aller+retour doit être autour de 60/minute.
     
    renforcement du quadriceps sur la presse ou en poussant un gros ballon Klein (swiss ball) contre un mur et faire que le vaste interne se contracte en premier
      • tout doux avec des répétitions rapides
      • pas trop lourdes comme 15kg maxi 10 minutes
      • avec les pieds et genoux ouverts en canard pour décharger l'appui de la rotule sur la trochlée (pour ceux qui se posent la question pourquoi les pieds ouverts en canard...essayez de descendre accroupi les pieds parallèles et serrés : c'est impossible) et surtout pour enlever le travail du grand fessier qui lui aussi pousse le femur en extension et fait donc aussi une extension de genou
      • La progression des charges sera toujours régulières et on ne passe pas de 15kg à 50 parce que le patient va mieux...
      • en tous cas je ne dépasse pas la moitié du poids du corps pour les syndromes rotuliens
      • SURTOUT pas de genou en hyperextension ou en recurvatum ATTENTION

    CONSEILS : Il faut éviter de piétiner dans la journée (VOIR LA PAGE CONSEILS) et de rester en position genoux pliés bien sûr et le glaçage apporte un confort appréciable.

    INTERDIT DE METTRE DES POIDS AU BOUT DES PIEDS POUR LE TRAVAIL DU QUADRICEPS !!! RISQUE DE RETOUR IMMEDIAT DES DOULEURS

    pas de problème pour les ischios jambiers cependant comme la photo ci dessous

    LA ROTULE INSTABLE (ou luxée)

    C'est une rotule là aussi qui n'est pas assez "en relief" pour être bien contenue dans le rail de la trochlée fémorale.La trochlée fémorale est aussi peu creusée par symétrie voire convexe (mesure radiologique de l'angle d'ouverture).  Elle se subluxe donc quand elle ne se luxe pas tout court.

    • Pour les trochlée trop plate voire convexe on peut voir la rotule qui "saute" vers le dehors juste en faisant l'exercice de l'écrase coussin car trop proche de l'extension...d'où l'intéret de l'écrase gros coussin.
    • il faut s'assurer que le vaste interne contracte bien lors de l'écrase coussin avec une contraction  en 2 temps

    Et comme toujours pour cette rééducation de la rotule cette fois instable ou luxée il faut :

    • renforcer les ischios jambiers ET le quadriceps (plutot debout d'ailleurs pour le quadriceps)
    • glacer la rotule inflammée
    • courant TENS anti douleur si besoin
    • éviter en rééducation les gestes qui déclenchent des apréhensions comme les sauts sur un pied tant que le patient n'est pas sûr des progrès musculaires
    • varier les situations instables debout mais toujours avec une bonne qualité de contraction du quadriceps : trampoline sans sauter, mousse de proprioception, équilibre au sol yeux fermés.
    • il faudra assez vite renforcer le quadriceps par électrostimulation au début puis sur la presse ou swiss ball avec des charges légères au début. Tout cela pour recupérer un quadriceps sécurisant et enlever l'attelle/genouillère.
    • surtout conseiller le patient : ne pas s'accroupir, ne pas rester les genoux pliés, éviter le piétinement

    Prise en charge d'une stabilisation chirurgicale de rotule instable

    Pour faire simple, la rotule si elle n'est pas très anatomiquement en relief a une tendance à se luxer en dehors, c'est la rotule dysplasique par insuffisance.
    conclusion : les ligaments propres de la rotule que sont les ailerons sont distendus surtout l'interne.
    après plusieurs luxations de rotule le chirurgien peut décider de rétablir des paramètres normaux en retendant l'aileron interne (MFPL), en déplaçant la TTA (tubérosité tibiale antérieure) et pour certains (clinique maussins et l'équipe lyonnaise) prélèvement d'un tendon pour stabiliser encore plus fort la rotule (tendon du droit interne = gracilis)

    les suites :
    • attelle 4 semaines
    • récupération de la flexion sans rechercher la douleur puis vélo quand l'amplitude le permet
    • récupération de la qualité de contraction du quadriceps (gros coussin par exemple)
    • travail des ischios (avec prudence au début si prélèvement du Gracilis= droit interne)

    1ère séance

    • test par les contractions de type écrase coussin (permet le réveil du quadriceps, test de qualité de contraction)
    • puis idem avec gros coussin ce qui permet vue la taille du coussin de faire une flexion lors de l'arrêt de la contraction jusqu'à environ 30°...déjà ça de gagné...
    • réveil des ischios jambiers avec le gros ballon (ATTENTION sauf si prélèvement du droit interne, voir plus bas) ce qui permet aussi de redonner un peu de flexion 
    • on vérifie la flexion, en fait on récupère les degrés perdus par l'immobilisation au lit et l'atelle (je dis bien que je vais récupérer un peu de ce qu'avait le chirurgien au bloc...ça rassure). 80° voire 90° obtenus ce qui éloigne le patient de pas mal de problèmes dont une mobilisation sous anesthésie.
    • apprentissage de l'auto-flexion : on prend son genou et on l'élève à la force des bras et le retour vers l'extension se fait avec le quadriceps comme un écrase gros-coussin
    • étirement des 2 mollets : coté opéré ET coté qui fait tout le boulot pour la marche avec attelle
    • glaçage+++ et voilà

    A mon avis, pas d'électrostimulation lors des premières séances sinon le muscle peut spasmer ou alors un programme de type décontracturant sur le quadriceps...

    Attention : dans le cas où le chirurgien a prélevé un tendon des ischios (droit interne = gracilis) pour renforcer l'aileron interne il faut respecter la fragilité relative du site de prélèvement 15 jours.
    Attention aussi à la transposition de la TTA (ou TTTA ou TATA) qui est comparable à une fracture simplement vissée dans le tibia alors ON NE MARCHE PAS SANS BEQUILLE NI ATTELLE QUAND ON A PAS ENCORE L'AUTORISATION.


    2è séance
    La deuxième séance ressemble fortement à la première en intensifiant tant les contractions de type écrase gros coussin qui doivent être de meilleure qualité comme la flexion qui doit être moins "apréhendée" par le patient.

    Les séances suivantes verront la flexion progresser doucement mais régulièrement, il faut s'assurer que le patient est assuré que "ça plie" car c'est une chirurgie de stabilisation et pas d'immobilisation. dès 110° on grimpe sur le vélo, marche arrière ça passe mieux puis marche avant et hop on augmentera doucement la résistance au cours des séances

    la force progresse aussi : les ischios jambiers par le gros ballon klein puis les charges scratchées à la cheville comme sur la photo ci dessus (c'est la seule autorisation d'avoir des charges au bout du pied d'ailleurs car genou tendu c'est interdit) ; le quadriceps par la presse ou des poussées de ballon klein et vélo.

    LA ROTULE APRES LIGAMENTOPLASTIE

    Il n'y pas un genou ligamentaire qui n'ait pas à un moment de sa rééducation pré ou post opératoire des douleurs rotuliennes...en route pour la description :

    il y a plusieurs causes :

    • l'amyotrophie du quadriceps voire l'inhibition de celui ci qui ne fait pas totalement son effet de recentrage actif de la rotule bien plaquée sur le femur (quelques rares cas de sidération du quadriceps avec des douleurs rotuliennes depuis "plusieurs mois")
    • le manque d'étirement du couple ischios jambiers et quadriceps et pour cause avec un genou opéré le protocole ou l'état de gonflement du genou ne permet pas toujours d'étirer en flexion complète le quadriceps...
    • l'attitude parfois prolongée du genou en flexum antalgique ou souvenir de l'attelle par contracture du couple mollet / ischios jambiers
    • le cul de sac rotulien un peu gonflé qui repousse la rotule vers le bas en produisant la très typique douleur en "barre" sous la rotule...ressentie lors de la marche ou quand le kiné recherche l'extension avec un genou bien gonflé

    Tout cela se règle en général assez vite quand on tient compte de tous ces paramètres.

    • les douleurs du bord interne de la rotule, comme une barre verticale le long de la rotule : il s'agit temporairement d'un syndrome rotulien par irritation ou "inflammation" du cartillage rotulien... temporaire si les glaçages et les étirements sont faits régulièrement. A l'inverse cela peut durer si l'extension n'est pas toujours stable et si le patient ou le kiné persiste avec une rééducation intense....
    • les douleurs en "barre" horizontale sous la rotule : cela arrive souvent  quand la jambe lors de la marche revient de la flexion vers l'extension ou très tôt après l'opération quand le patient ne veut plus marcher genou tendu et que le genou est encore gonflé... Et donc on reprend la marche genou tendu et ça règle le problème.
    • les crépitements sont des bruits audibles lors des mouvements de flexion extension et sont parfois un signe péjoratif quant à la qualité du cartilage rotulien mais pas toujours source de douleurs
    • la rotule haute ou patella alta : c'est une complication assez rare mais qui signe un défaut d'étirement du quadriceps et souvent une contracture de celui ci. La solution peut venir avec des mobilisations très insistées vers l'abaissement de ladite rotule. Il existe aussi des fausses rotules hautes sur les récurvatum....certains portent des genouillères il faut cependant voir cela au cas pas cas car cela provoquer des douleurs. idem pour les strapping d'abaissement de rotule
    • la rotule basse dans les très rares cas d'algodystrophies (je préfère dire syndrome hyper inflammatoire du genou) avec typiquement le tendon rotulien qui devient peu extensible.

    Pour ce qui est de la rééducation et de la séance de kinésithérapie :

    • La rotule doit avoir une mobilité normale, il faut donc vérifier MANUELLEMENT tous les paramètres de la rotule, de haut en bas :
      • la mobilisation du cul de sac sous quadricipital est obligatoire même quand celui ci est vide d'épenchement. Des manoeuvres larges doivent être employées pour redonner tous les glissements du quadriceps sur le cul de sac et de ce dernier sur sa face profonde.
      • le tendon quadricipital doit être vérifié comme la continuité du quadriceps vers la rotule
      • la rotule doit bien sur être mobilisée y compris en rotations ce qui est peu souvent fait.
        • rotations autour d'un axe avant arrière du genou (les anatomistes vont s'arracher les cheveux)
        • les baillements internes visent à libérer l'aileron interne souvent rétracté et pouvant être la cause d'accrochages rotuliens lors de la flexion prolongée = position assise ou pendant la marche lors du retour flexion vers extension complète.
        • les baillements externes comparativement sont moins atteints par les ligamentoplasties mais ils peuvent donner l'idée d'une rétraction interne...
        • Pour les stabilisations extra-articulaires de type Lemaire l'aileron externe est libéré chirugicalement alors pas de problème de ce coté là.
    • le tendon  rotulien est une source non négligeable de soucis en fin de rééducation pour les Di-Dt et dès le début pour les KJ car c'est le site de prélèvement...il faut le mobiliser à chaque séance transversalement pour lui redonner tous les glissements du fait des adhérences. Là aussi il faut employer des manoeuvres larges et transversales pour libérer de la TTA en bas jusqu'à la pointe de la rotule en haut.

    Mobilisation transversale du tendon rotulien sur un KJ

    idem sur un Didt pour libérer la mobilité de la rotule

    • Dans la position de la photo ci dessus, je teste aussi la qualité de la flexion extension genou plié autour de 90°. Si la flexion-extension se passe bien dans l'axe avant arrière c'est parfait. A l'inverse si la flexion-extension se passe "bizarrement" avec un mouvement en zig-zag du pied... alors il faut travailler les rotations du genou et le tendon rotulien ainsi que l'abaissement rotulien...
    • idem en flexion 90° c'est la position idéale pour retrouver les rotations dont la rotation interne du tibia sous le femur qui est un peu enraidie après cette chirurgie. Parfois cette rotation (automatique et obligatoire dans le genou lors de la flexion) est complètement anéantie par la chirurgie ou par une plastie TROP serrée par le chirurgien : il faut absolument la retrouver sinon la course et le footing seront hyper douloureux.
    • Si je n'ai pas été bien clair sur ces 2 derniers paragraphes faites le moi savoir ! je vais essayer de faire une vidéo de ces manoeuvres.

    LA ROTULE DU GENOU EN RECURVATUM, NOTION DE PROBLEME D'ENGAGEMENT

    Le terme latin recurvatum ne parle à personne sauf quand on en a un...En général c'est une femme que l'on voit de loin car à l'arrêt elle porte ses genoux en hyperextension "à l'envers" !
    Le soucis concernant le genou recurvatum est que la pointe de rotule est trop en contact avec la partie supérieure du tibia, on dit en engagement. Et on se retrouve avec un syndrome rotulien typique très génant.
    Le traitement est quasi essentiellement par renforcement des ischios jambiers et SURTOUT PAS du quadriceps avec le célèbre vaste interne...
    • Conclusion : le ballon klein est à la fète, renforcement+++ des ischios jambiers et vérification de la symétrie de souplesse des autres muscles du membres inférieur car en général le quadriceps est trop court et le mollet super faible et contracturé (et oui il passe sa journée à retenir le poids du corps comme une canne à pêche)
    • les exercices :
      • ballon klein pour les ischios jambiers que l'on écrase ( voir le site plus haut)
      • écrase gros coussin pour éviter l'engagement de la rotule et surtout pour éviter le territoire hyperextension (voir photo plus haut)
      • renforcement des mollets : pointes de pieds, ou marcher sur la pointe de pied
    • étirement des mollets avec le coussin coin mais attention au récurvatum qui force le genou à se positionner en hyperextension. je contrôle l'extension complète mais j'interdit l'hyperextension pendant cet étirement.

      • étirement du quadriceps, talon fesse ou avec le kiné patient allongé sur la table le genou qui va bien collé sur le thorax du patient et l'autre genou plié en étirement sous la table.

    talon fesse du genou droit, rotule protégée sur un coussin

      • en toute fin de rééducation et quand la rotule va beaucoup mieux (test de la pression de la pointe de la rotule douloureuse) : Quadriceps sur la presse en interdisant le genou tendu et encore pire le recurvatum...faute grave

    LA ROTULE PROTHETIQUE

    Il s'agit en fait de la prothèse fémoro patellaire qui remplace le cartilage consommé de la rotule (par une partie en polyéthylène) mais aussi la partie "en face" sur le femur (par une partie en métal)

    Cette rééducation est assez aisée rapide et peu douloureuse sauf quand la rotule est instable...en post opératoire ce qui est heureusement très rare.

    Les amplitudes permises par ce type de prothèse fémoro patellaire sont autour de 120°. (le vélo est possible, chouette !) et cette prothèse n'empèche pas ultérieurement la pose d'une totale. Au bout de 10 ans je redis que la qualité d'une prothèse du genou est dans 95% des cas parfaite (taux de survie à 10 ans) et au bout de 20 ans ça marche encore alors n'hésitez plus!

    Voir la page PROTHESES

    LA FRACTURE DE ROTULE

    • rotule non opérée : en général une attelle est prévue par l'orthopédiste pendant 6 semaines
      • si l'orthopédiste a décidé de ne pas opéré cela implique que le ou les fragments étaient stables. 
      • la marche est en général possible d'emblée avec attelle + 2 béquilles. L'attelle compense l'inhibition du quadriceps et oblige l'extension complète (et donc pas de contrainte sur la rotule fracturée contre sa trochlée)
      • cela n'empèche qu'il faut bosser quand même !
        • écrase attelle : contractions dans l'attelle en attendant quelques jours pour faire de l'écrase coussin, ou écrase serviette de bain roulée en boudin
        • on ouvre son attelle et on tente la flexion doucement en attrapant sa cuisse et le talon glisse sur le sol... voir la photo dans la section LIGAMENTS
      • position de repos la jambe tendue dans l'attelle le talon sur une chaise pour que l'oedème ne stagne pas dans le réseau veineux de la jambe
      • on ne piétine pas : cela fait gonfler le genou autour de la rotule
    • rotule opérée : 2 phases protectrices du matériel où l'on ne dépasse pas 45° de flexion puis 2è phase au bout d'un mois au plus tôt, de récupération de l'amplitude et de renforcement du quadriceps sans oublier le reste qui a fondu aussi...

    Fracture de rotule opérée : cicatrice médiane 5 cm
    = gros genou et sa maigre cuisse, jambe avec oedème et hématome résiduel